Extrait du livre Graine de Grenade
Graine de Grenade Conte de Palestine écrit par Jihad Darwiche et illustré par Françoise Joire Aux éditions du Jasmin
Graine de Grenade
Il était une fois une femme très belle qui vivait avec son mari dans une grande maison, mais ils étaient tristes car ils n’avaient pas d’enfants. Un jour, un marchand ambulant passa en criant : « Grenades de grossesse, grenades de grossesse ! Qui veut des grenades de grossesse ? » La femme l’appela et acheta une grenade.
Lorsqu’elle l’ouvrit, elle vit que les graines étaient roses, belles et rondes. Elle les mangea et dit : « Mon Dieu, donne-moi une fille. Qu’elle soit aussi belle que ces graines de Grenade ! »
La femme se retrouva enceinte. Son ventre s’arrondit et, au bout de neuf mois, elle accoucha d’une fille belle comme le plein jour. Elle l’appela « Graine de Grenade ».
Graine de Grenade grandit en âge et en beauté. Les gens disaient : « Graine de Grenade est très belle. Elle est même plus belle que sa mère ! » La mère en fut jalouse. Même son mari lui disait : « C’est vrai, tu es très belle, mais Graine de Grenade est plus belle que toi. » Elle demanda aux voisins et au marchand ambulant. Ils lui dirent la même chose. Alors, elle devint folle furieuse. Elle ne pensait plus qu’à une chose : se débarrasser de Graine de Grenade.
Un jour, elle lui dit : « Tes oncles qui habitent de l’autre côté de la forêt ont envie de te connaître. Demain, nous irons les voir ». Le lendemain, avant l’aube, la mère réveilla sa fille et elles marchèrent toute la journée. Lorsque la nuit tomba, elles étaient toujours dans la forêt, près d’une montagne. « Il faut dormir ici. » dit la mère.
Mais Graine de Grenade avait peur. Elle dit : « Je ne dormirai que si j’attache mes cheveux aux tiens, si je couds ma robe à la tienne et si je mets ma tête sur ton bras, et ta tête sur le mien ». Graine de Grenade tressa ses cheveux et les cheveux de sa mère en une seule tresse, elle cousit sa robe à la robe de sa mère, elle posa sa tête sur le bras de sa mère et elle s’endormit. Elle était très fatiguée. Elle ne sentit rien lorsque sa mère défit la tresse, lorsqu’elle décousit la robe et lorsqu’elle retira son bras. Graine de Grenade dormait et rêvait.



























