Extrait du livre Le sommeil et les rêves
Le sommeil et les rêves d'Antoine Delautre et Pauline Neveu chez Zoom éditions
Le sommeil
Le mercredi Oscar et Zoé ont maintenant l'habitude d'aller rejoindre Aristote, l'oran-outang qui sait tout. Arrivés devant l'épaisse haie de feuillages, les deux garnements regardent à gauche puis à droite et profitent de l'absence de passant pour se faufiler dans le passage secret menant au pays de leur ami. - Artistote. Ouh ouh ! Où es-tu ? - Peut-être est-il est en train de dormir... - ... dans son bois favori. - Pourquoi pas ! Allons-y. - Mais prends bien garde où tu mets tes pieds.
- J'avais raison. Il est là ! Les enfants s'approchent et appellent Aristote gentiment. Rien à faire, le gros ventre de l'orang-outan se lève et s'abaisse tranquillement. Oscar et Zoé se regardent alors d'un air entendu et, en cœur, hurlent... - Aristote !!! Le pauvre Aristote sursaute au grand amusement des enfants. - Mais ça ne va pas de réveiller les gens comme ça ! - Excuse-nous Aristote. On a essayé de te réveiller doucement... - ... Mais rien n'y faisait. On a pensé qu'il fallait donc hausser la voix.
- Évidemment, il y a des moments où il est plus facile de réveiller les gens qu'à d'autres moments. Cela dépend de la phase de sommeil dans laquelle ils se trouvent. - Comment ça ? c'est quoi cette histoire de phase. - En fait, il existe différents moments ou phases dans le sommeil. Et selon la phase dans laquelle on se trouve, on est plus ou moins facile à réveiller. - C'est vrai que le soir, quand je commence à m'endormir, si par malheur le voisin fait siffler sa tuyauterie, ça me réveille. Une fois que je suis endormie, elle continue sûrement à siffler mais je ne l'entends plus. - Quand les sifflements de la tuyauterie te réveillent, tu es dans de qu'on appelle le sommeil lent léger... - ... Par contre, quand les sifflements ne sont plus capables de te tirer du sommeil, tu es dans ce qu'on appelle le sommeil lent profond.
- Sommeil léger, sommeil profond, on comprend. Mais pourquoi sommeil lent ? - Lent car pendant ce sommeil, notre respiration et les battements de notre cœur sont ralentis. Notre cerveau est de moins en moins actif et nos muscles se détendent sans toutefois être complètement mous. - J'ai déjà surpris Oscar de train de dormir. Il est tout mou quand il dort. - Pendant ce sommeil lent, il peut être très détendu mais pas mou ! Il y a toujours une légère contraction des muscles. C'est d'ailleurs grâce à cette contraction que l'on peut dormir sur une chaise sans tomber. - Hier après-midi, en classe, j'ai pu voir que Zoé était capable d'une telle performance. - Mais elle a tout de même fini par tomber de sa chaise... - ... Ce qui l'a évidemment réveillée et lui a valu une remarque de la maîtresse.
- Zoé est tombée de sa chaise au moment où elle entrait dans ce qu'on nomme le sommeil paradoxal. - Tu vois ! Grâce à moi on en apprend sur le sommeil. - Comment sais-tu que Zoé est tombée au moment où elle changeait de sommeil ? - Et bien parce que pendant ce sommeil là, on est vraiment mou. Nos muscles ne sont plus du tout, mais alors plus du tout contractés. Du coup, si on est en équilibre instable, on tombe. - Et pourquoi on l'appelle paradoxal ce sommeil. On aurait pu l'appeler sommeil mou. - On appelle ce sommeil "paradoxal" car il y a un paradoxe, c'est-à-dire une contradiction entre notre corps tout mou qui est inactif et notre cerveau qui est, à ce moment, très actif. - Et pourquoi est-il si actif le cerveau ? Avec un corps tout mou, il ne peut pas faire grand chose. - Et si ! Notre cerveau rêve. - Et on ne fait que rêver ? - Nous rêvons mais, bien sûr, notre cœur continue à battre et notre respiration se fait. Leur rythme est d'ailleurs aussi rapide que lorsqu'on est réveillé mais en plus régulier. Et à ce moment, nos yeux se mettent à faire des petits mouvements. Il y a aussi deux petits muscles à l'intérieur de nos oreilles qui se contractent et qui réduisent la sensibilité de nos oreilles aux sons. - On est complètement sourd quand on rêve ? - Pas complètement. Mais nous sommes difficiles à réveiller car nous sommes coupés du monde extérieur.

























