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Pourquoi la conquête spatiale ?

Pourquoi la conquête spatiale ?

13-15 ans - 63 pages, 13958 mots | 1 heure 42 minutes de lecture
© Éditions du Ricochet, 2021, pour la 1ère édition - tous droits réservés

Pourquoi la conquête spatiale ?

13-15 ans - 1 heure 42 minutes

Pourquoi la conquête spatiale ?

Il n’y a pas si longtemps que, au 16e siècle, les humains ont compris que la Terre n’était pas le centre de l’univers. Pas plus que le Soleil ! Et si l'homme a longtemps rêvé de conquérir l'espace, l'aventure vient tout juste de commencer, il y a 60 ans. La première excursion dans l'univers n’a pas été humaine, mais technologique. Ainsi sont nés les satellites, puis les sondes… suivi par le premier pas de l’Homme sur la Lune !

Cette conquête spatiale amène parfois plus de questions que de réponses pour les astrophysiciens. Elle pose aussi des questions d'ordre éthique et financier : la conquête spatiale a-t-elle encore un sens aujourd'hui ? Quel impact écologique pour la Terre, mais aussi pour l’espace? Quelles innovations technologiques nous a-t-elle apporté ?

Sélectionné pour le Prix Goût des sciences et le Prix Roberval en 2022.

"Pourquoi la conquête spatiale ?" vous est proposé à la lecture version illustrée, ou à écouter en version audio racontée par des conteurs et conteuses. En bonus, grâce à notre module de lecture, nous vous proposons pour cette histoire comme pour l’ensemble des contes et histoires une aide à la lecture ainsi que des outils pour une version adaptée aux enfants dyslexiques.
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Extrait du livre Pourquoi la conquête spatiale ?

Pourquoi la conquête spatiale ? de Fabrice Nicot et Élodie Perrotin aux éditions du Ricochet


Pourquoi la conquête spatiale ?
« La Terre est le berceau de l’humanité, mais on ne passe pas sa vie entière dans un berceau. » Constantin Tsiolkovski (1857-1935), scientifique russe, père de l’astronautique. « Nous avons fait tout ce chemin pour explorer la Lune, mais le plus important, c’est que nous avons découvert la Terre. » Bill Anders, astronaute, le 24 décembre 2018, à propos de la photographie de la Terre prise en orbite lunaire 50 ans plus tôt.
INTRODUCTION Le 20 juillet 1969, Neil Armstrong et Buzz Aldrin foulaient le sol de la Lune, devant des centaines de millions de téléspectateurs éberlués. L’humanité avait donc quitté son berceau ! Une folie qui avait débuté sur le pas de tir de Cap Canaveral en Floride. Folie : le vaisseau Apollo XI semblait si frêle, juché au sommet de la gigantesque fusée Saturn V. Il avait tout d’une bombe avec ses 3 000 tonnes, ses 110 mètres de haut, le tout bourré de kérosène, d’hydrogène et d’oxygène liquides. Folie : les 380 000 kilomètres à parcourir dans un vaisseau de 6 m3, à 6 000 km/h. Folie : l’alunissage avec la nécessité de redécoller ensuite, alors qu’on ignorait la consistance exacte du sol lunaire. Que serait-il arrivé si le module s’était trop enfoncé ? Malgré l’entraînement, les calculs, les études, il restait tant d’inconnues dans ce périple que l’on peut se demander si les astronautes du programme Apollo étaient des héros ou des inconscients... Pourquoi un tel défi ? Bien sûr, il y avait la rivalité avec la Russie soviétique, première puissance à envoyer un homme, puis une femme dans l’espace. Mais dans le fond, pourquoi cette course-là ? Pourquoi la Lune ? Pourquoi Mars aujourd’hui ? Pourquoi cet élan vers l’espace glacé, irrespirable,
quand la Terre nous donne tout ? Pour le comprendre, il faut remonter aux origines de la fascination de l’humanité pour le ciel. Dans l’Antiquité, c’est le domaine réservé des dieux, le royaume de la perfection interdit aux mortels. Au XVIIe siècle, la révolution astronomique, avec Kepler et Galilée, bouleverse ce mythe. La découverte du mouvement des planètes, de leur place dans le cosmos rend le ciel enfin à la portée de l’Humanité. En 1610, Galilée publie un traité d’astronomie, Le Messager céleste, dans lequel il détaille ses observations de la Lune à la lunette. Si la perfection peut se décrire, alors elle n’est plus inaccessible... Depuis décembre 1972 et la dernière mission Apollo, aucun équipage ne s’est aventuré aussi loin dans le Système solaire. Il est question de renvoyer des hommes sur la Lune, mais aucune date n’est fixée sérieusement. Idem pour Mars. Le coût financier et humain explique sans doute en partie ce statu quo. Mais pas seulement... Depuis les années 1960, la conquête spatiale a pris des directions multiples, moins spectaculaires, moins héroïques. Pour autant, en un peu plus de 50 ans, toutes les planètes du Système solaire ont été visitées. Et la suite ? Un jour, pourrons-nous sortir du Système solaire avec une sonde ? Avec un équipage ? C’est si loin qu’il faudrait des siècles pour y parvenir avec la technologie dont on dispose. Ne parlons même pas d’en revenir... Alors ? Folie ? Oui, comme l’aurait pensé un explorateur du Moyen Âge si on lui avait un jour parlé d’aller sur la Lune.
Késaco CONQUÊTE OU COLONISATION SPATIALE ? La conquête spatiale, c’est l’élan qui pousse des nations à envoyer des sondes dans le Système solaire afin d’étudier les planètes, les astéroïdes, les comètes... La connaissance scientifique constitue son objectif premier. « Coloniser » reviendrait à installer des colonies humaines durables sur la Lune ou sur Mars, pour en exploiter les ressources par exemple. Ou bien extraire des métaux de certains astéroïdes. Cela n’empêcherait pas d’étudier de plus près ces corps, mais le premier moteur de cette colonisation serait le profit, et non plus la science. Toutefois, aller dans l’espace coûte si cher qu’il est impensable d’envisager gagner de l’argent en exploitant la Lune, ou un astéroïde, avec les technologies dont on dispose... Pour l’instant. Alors aujourd’hui ? Pour quelles raisons nous aventurons-nous dans l’espace ? La conquête spatiale a-t-elle encore un sens ?
Les satellites relient le monde
La Conquête Spatiale s’ouvre le 4 octobre 1957 par un simple « bip bip » radio. Il est émis par le premier satellite artificiel de la Terre : Spoutnik 1, lancé ce même jour par l’ URSS. Stupeur mondiale ! On peut envoyer des engins dans cet espace jusqu’alors vierge sans se préoccuper des frontières. Dans le contexte de la guerre froide, la crainte est avant tout militaire. Pourtant, Spoutnik ne contient pas d’armes. Son seul rôle est d’émettre un signal radio depuis l’espace, capté par des antennes au sol. Il annonce l’ère de la télécommunication grande distance qui prend son essor dans les années 1960, et culmine avec Internet. Un accès au réseau mondial, même dans les régions difficiles d’accès, les zones désertiques ou montagneuses, est désormais possible... Késaco LES ORBITES TERRESTRES Selon leur altitude, on distingue plusieurs types d’orbites. L’orbite basse s’étend de quelques centaines de kilomètres à environ 2 000 km d’altitude. C’est la zone de beaucoup de satellites scientifiques d’observation de la Terre et de la Station spatiale internationale (SSI) qui orbite à environ 400 km. L’orbite terrestre moyenne s’étend jusqu’à environ 35 786 km. Elle est occupée par les systèmes de localisation, comme le GPS américain ou le système européen Galileo. L’orbite géosynchrone, situé à 36 000 km, est particulière : tout satellite placé à cette altitude tourne à la même vitesse que la Terre sur elle- même. Depuis le sol, il apparaît donc comme fixe. On y trouve là encore des satellites de communication pour la télévision. Au-delà, c’est l’orbite terrestre haute. On y place notamment des satellites scientifiques chargés d’étudier le soleil, aussi présents sur l’orbite polaire qui, comme son nom l’indique, passe au-dessus des pôles Nord et Sud.