Extrait du livre Je suis ton manteau
Je suis ton manteau d'Angélique Villeneuve et Julien Martinière aux éditions L'Etagère du Bas
Je suis ton manteau
Tous les jours et par tous les temps, Igor a un peu peur. Peur de sortir de la maison, et peur, surtout, oh oui très peur, de franchir le pont de bois qui mène les enfants vers le grand Là-bas.
Il préfère son lit. Il préfère son tapis. Ses jouets. L’arbre rouge qu’on aperçoit par la fenêtre depuis les débuts du monde. Il préfère son père qui, toujours, le prend dans ses bras lorsqu’il a peur de tout.
Traverser le pont qui mène sur l’autre rive est impossible parce qu’on peut tomber, on peut glisser, parce que l’eau au-dessous est mille fois trop de l’eau. « Tu dois aller dans le grand Là-bas pour voir et pour apprendre, dit le père d’Igor à Igor. » Mais Igor ne peut pas, parce que la peur qui habite à l’intérieur de ses jambes l’empêchera de marcher.
Un jour, une idée formidable entre dans la maison. Le père d’Igor et Igor commencent par monter sur le toit pour ramasser des plumes. Ils en trouvent beaucoup, à croire que les oiseaux les ont posées pour eux sur les tuiles et dans les gouttières. Le toit est très haut, les pentes drôlement raides, mais Igor n’a pas peur. Son père est là et puis il y a l’idée formidable avec eux sous le ciel.


























