Extrait du livre La sirène de Chiloé 2
La sirène de Chiloé - Livre 2 : La petite sirène et l'albatros Jacqueline Heissat - Violaine Marlange Des éditions Dadoclem
La petite sirène et l'albatros
La petite sirène avait une voix si merveilleuse qu'elle charmait tous les habitants de la mer. Les marins qui croisaient sa route sur les mers du Sud devenaient tous fous en l'entendant chanter.
Malgré sa queue de saumon, certains tombaient même amoureux d'elle et lui demandaient sa main. - " Épouse-moi, jolie petite sirène ! " la suppliaient-ils du haut de leur navire. Mais toujours, la petite sirène refusait. Elle n'était pas encore amoureuse, voilà tout !
Elle n'était vraiment heureuse que les jours de grande tempête, quand les déferlantes se déchaînaient et coulaient les bateaux. " Par ici ! Par ici ! Aidez-nous ! " hurlait l'équipage affolé, en train de se noyer... Alors, vite, elle se précipitait pour sauver les naufragés. Et pour la remercier, ils se mettaient à chanter avec elle.
Sa mère, la Pincoya, déesse des mers australes, apparaissait parfois dans les eaux claires de Chiloé et lui contait les merveilles des grands fjords du Sud où elle séjournait. " Viens avec moi, voir les grands glaciers, insistait-elle, ils sont si beaux ! " Mais sa fille avait décidé depuis longtemps déjà de rester là où elle était née. Elle voulait veiller sur sa nounou Kintunien, qui vivait sur une petite île près de la grande île de Chiloé. La vieille femme l'avait élevée et protégée des grands orques mangeurs de petites sirènes. La petite sirène ne voulait pas s'éloigner d'elle. Alors, sa mère repartait, déçue, vers les grands champs de glace, plus au sud.



















