Extrait du livre Tête blanche
Tête blanche de Marie Gosset & Roca Balboa aux éditions L'Etagère du bas
Tête blanche
Les humains ont toujours entretenu un grand nombre de préjugés à l’égard des pigeons : ils seraient soi-disant sales car ils se nourrissent dans les poubelles, véhiculeraient de nombreuses maladies parce qu’ils font leur toilette dans l’eau des caniveaux et autres bêtises du même genre. Mais, comme beaucoup d’autres espèces, ils ne font que s’adapter à leur milieu. Au détour d’une rue, il n’est pas rare d’entendre un passant pester de la sorte : « Ah ! ces satanés pigeons sont devenus de vrais animaux domestiques, ils n’ont même plus peur de s’approcher des hommes ! » Cette observation est en partie vraie... mais cela en fait-il une mauvaise chose pour autant ? Si leur but était au contraire d’établir un contact, de créer un lien avec les humains ? Pour qu’une amitié se noue, il faut bien que quelqu’un fasse le premier pas - ou le premier battement d’ailes.
Tête blanche est un pigeon parisien qui, malgré les conditions de vie parfois difficiles qu’offre cette grande ville, demeure sociable, ouvert et toujours de bonne humeur.
Si l’oiseau a si bon caractère, c’est aussi parce qu’il est bien entouré : sa bande forme une sorte de grande famille ! Parmi les membres les plus proches de Tête blanche figure Crête rebelle, le plus casse-cou du groupe. Toujours en quête d’aventure et prêt à partir en expédition. Ailes agiles est au contraire le sage de la bande. Il anticipe les dangers qui pourraient menacer ses amis et assure de son mieux leur sécurité. Plumes joyeuses, quant à lui, n’est jamais à court de bonnes blagues et est constamment guilleret. Bien sûr, beaucoup d’autres pigeons qui composent la communauté mériteraient d’être présentés mais ils sont trop nombreux.
Le quotidien s’écoule plus ou moins paisiblement pour nos amis, entre voyages à la recherche de nourriture et bains de soleil au parc, quand ils ne jouent pas de mauvais tours aux chiens et aux chats du quartier - qui le leur rendent bien ! -, souvent sur les conseils de Crête rebelle.
La vie entre oiseaux de la même espèce a quelque chose de rassurant et agréable mais, depuis quelque temps, Tête blanche ressent comme un manque. Malgré leur attitude parfois menaçante, il se sent inexplicablement attiré par les humains. Sa curiosité et son ouverture d’esprit le poussent vers eux. Ces drôles d’oiseaux déplumés - à l’air un peu stupide, il faut le dire - ne peuvent pas être complètement mauvais !

























