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Poèmes de roches et de brumes

Poèmes de roches et de brumes

6-8 ans - 16 pages, 682 mots | 7 minutes de lecture
© Le port a jauni, 2018, pour la 1ère édition - tous droits réservés

Poèmes de roches et de brumes

6-8 ans - 7 minutes

Poèmes de roches et de brumes

“En oiseau curieux ou garçon trop grand, je suis entré dans ces paysages secrets aux couleurs voyageuses, en pensant que les roches et les brumes nous parlent et qu’il faut seulement savoir les écouter.” Ainsi commencent les Poèmes de roches et de brumes où matières brutes et volutes se frottent, se frôlent et se mêlent dans les poèmes de Carl Norac et les illustrations d’Arno Célérier, entre masses de papiers découpés et brumes de dentelles ajourées.

"Poèmes de roches et de brumes" vous est proposé à la lecture version illustrée, ou à écouter en version audio racontée par des conteurs et conteuses. En bonus, grâce à notre module de lecture, nous vous proposons pour cette histoire comme pour l’ensemble des contes et histoires une aide à la lecture ainsi que des outils pour une version adaptée aux enfants dyslexiques.
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Extrait du livre Poèmes de roches et de brumes

Poèmes de roches et de brumes De Carl Norac et Arno Célérier Editions Le port a jauni


Poèmes de roches et de brumes
‫‪Tout ce qu’il faut savoir‬‬ sur les paysages,‬‬ ‫‪je ne peux te le dire,‬‬ mais j’aimerais ici te le chanter.‬‬
Quand le temps devient paysage, je jette les minutes devant moi comme des graines d’herbe ou des grains de sable. Le chemin alors vient à moi, il y a des siècles dans ma poche, une lune ou deux, des brumes et des roches, quelques mots amoureux. On y trouve un instant qui passe et ne promet rien, sinon la beauté du monde qui tient dans une main, sans prétendre à l’éternité. – Ah ! L’éternité, pourquoi pas ? me disent soudain les brumes. Rien ne nous empêche de rêver aussi loin. Nous sommes vapeurs mais certains matins, comme toi, au déjeuner, devant un thé qui fume, nous voyons si clair en nous. C’est bon parfois d’être l’infini d’une seconde.
– Hé ! Les roches, vous êtes tendres sous vos airs de grosses pierres ! – Chères brumes, nous ne pouvons avoir cette douceur. Être solides, c’est plus fort que nous. – Mais non, insistent les brumes, nous parions qu’au fond, vous avez un cœur de fleur ou de champignon. – Et vous alors, les brumes ? Derrière vos lourdes fumées, votre façon de dire “je sais tout parce que je cache tout”, nous parions qu’au fond, vous êtes des papillons. Ce matin-là, sous le regard fleuri des roches, les brumes ne se lèvent pas, ne s’évaporent pas comme d’habitude. Pour la première fois, elles s’éloignent, douces et belles, en battant des ailes.