Extrait du livre Poèmes en paysages
Poèmes en paysages, de Géraldine Hérédia et Clothilde Staës, Editions Le port a jauni
Poèmes en paysages
La géante La géante a mangé deux grives prises dans le givre elle a croqué tout à trac un bloc de granit elle a dévoré de vieux troncs délavés par l’hiver elle a avalé toute l’eau de la rivière les poissons avec le repas fini repue la géante aspire au repos alors lentement elle s’allonge sur le flanc et sa tête, ses épaules, ses seins et ses hanches forment à l’horizon une nouvelle chaîne de montagnes.
Viens ! L’été une pluie lourde dit les odeurs de la terre un vent chaud se lève Allez ! Viens on part ! Mets tes chaussures ! On va prendre un chemin et puis un autre on mangera du fromage et des figues on se baignera la nuit, on siestera à midi. Allez ! Viens ! Les villes seront belles et les forêts lumineuses on fera l’école au milieu des champs on comptera les étoiles et les péninsules. Viens ! Le temps n’appartient plus à la conjugaison nous avons trop attendu. Viens !
Corps caillou Une larme au goût de brûlure au coin de l’oeil un lourd caillou au fond de l’estomac les poings serrés l’enfant court. Au-dessus de la ville il s’arrête le gris du ciel les toits des immeubles une voiture au loin puis une autre le soleil de l’hiver le cri des corneilles le noir de la terre les poings se desserrent sur les joues les larmes ont laissé un goût de sel.
























