Extrait du livre Sofia et le marchand ambulant
Sofia et le marchand ambulant de Katia Canciani et Antoine Déprez aux éditions Les 400 coups
Sofia et le marchand ambulant
Sofia regarde son gâteau d’anniversaire. – Fais un vœu ! chuchote sa mère. La fillette sait ce qu’elle aimerait vraiment, mais c’est tellement spécial… Ses parents ne peuvent pas le lui offrir. Elle a cependant une idée en tête : – Je veux pouvoir me rendre seule au bord de la route. – À quoi cela te servira-t-il ? demande son père. – Chaque semaine, quand le marchand ambulant passera, je le saluerai. Le père et la mère se dévisagent. – Tullio s’arrêtera, objecte sa mère. Et nous ne pourrons rien lui acheter. – Je le lui dirai. Les parents soupirent. – D’accord, murmurent-ils. Ravie, Sofia souffle sa bougie.
Le premier matin, la petite fille attend, les mains jointes devant sa jupe, les cheveux peignés. Le vent fait onduler le mince tissu et les fines mèches rousses comme il l’aurait fait d’un ruban de nuages. Tullio arrive. C’est la première fois qu’il aperçoit quelqu’un à cet endroit. La fillette lui fait un signe timide de la main. Il immobilise son camion tout près de Sofia.
Le marchand ouvre les portes arrière en sifflotant. La petite fille écoute le grincement des charnières. À ses oreilles, ce bruit est mélodie. Sofia espère ce moment depuis si longtemps ! Tullio se glisse à l’intérieur du camion. Trop impressionnée, Sofia n’ose pas avancer. Alors, le vieil homme se met à chanter. Il chante dans une langue que Sofia ne connaît pas. Le cœur de la fillette valse de bonheur. Lorsqu’il a terminé, elle remercie le marchand. Avant de reprendre la route, il dit : – C’est une chanson très spéciale. Mais l’homme qui me l’a apprise est plus spécial encore. Sofia tend l’oreille. Le marchand ajoute : – Quand il se promène dans la rue, les chiens, les chats, les ânes et même les oiseaux le suivent ! On raconte qu’il sait parler aux animaux...

























