Extrait du livre Train de nuit
Train de nuit de Karine Guiton et Clémence Monnet aux éditions L'Etagère du bas
Train de nuit
Le train file dans la nuit. Zélie ne dort pas. Elle observe les lumières minuscules qui apparaissent parfois dans le noir de la fenêtre et écoute les bruits du wagon : la respiration profonde de sa mère qui s’est assoupie sur le siège voisin, le froissement d’un papier de bonbon, quelques ronflements, des chuchotements. Zélie s’ennuie.
Soudain, le train ralentit. CRiii ! Il s’arrête complètement. Zélie scrute l’obscurité. Elle ne voit rien. Dans le silence, un son régulier. Le bruissement des vagues. Une odeur. Le parfum salé de la mer. Peu à peu, ses yeux s’habituent au noir. Elle devine une immense masse sombre et mouvante surmontée de quelques étoiles.
TACATAC, T ACATAC. Le train repart, lentement. Quelques minutes plus tard, une musique au loin. Un concert ? Elle enjambe les genoux de sa mère et avance dans l’étroit couloir entre les deux rangées de fauteuils. Tout le monde dort ou presque.




























