Extrait du livre Un air de montagne
Un air de montagne de FLoriane Leroy et Louise Rolland aux éditions du Ricochet
Un air de montagne
Ce soir, Maman m’annonce une grande nouvelle : nous partons à la montagne pour une saison d’estive. Pendant plusieurs mois, nous nous occuperons d’un troupeau de génisses et de quelques chèvres. Et ce n’est pas tout ! Nous fabriquerons aussi du fromage de chèvre ! Lorsque je lui pose la question, Maman m’explique que les génisses sont de jeunes vaches qui n’ont pas encore eu de petits. Dès le lendemain, à l’école, je raconte ça à mes copains. Ils me disent que j’ai vraiment de la chance, que je vais vivre une grande aventure ! Dans mon sac, je prends : - Une tenue confortable pour courir partout - Une tenue de pluie (j'aime pas trop celle-là) - Une tenue douillette pour les jours plus frais Et surtout, je n'oublie pas : - mon carnet - ma loupe - mes crayons de couleur Je reviendrai pendant les vacances de la Toussaint, les poches pleines de châtaignes et de glands. Mais en attendant, le départ est pour bientôt !
Début mai. Quand Maman me réveille, il fait encore nuit noire. Tout flagada, je m’installe dans la voiture. Noom est déjà à l’arrière, il m’attend en sautillant d’impatience. Bercé par la mélodie du moteur et le ronronnement de mes petits chats, je replonge dans un sommeil profond. Tiens, la pluie me réveille. Elle rebondit sur la voiture en faisant un drôle de concert ! J’observe les gouttes faire la course sur la vitre et je fais des paris. Laquelle va gagner ? Le trajet est vraiment long... Pour passer le temps, je compte les voitures de couleur bleue. Puis les violettes, les plus rares !
Ça y est, on approche ! La route fait de plus en plus de virages, elle rétrécit à mesure que nous nous enfonçons dans la montagne. Il y a un truc bizarre qui se passe dans mes oreilles. C’est comme si elles étaient bouchées tout à coup ! Maman me dit de souffler très fort en me bouchant le nez. Derrière un virage, on aperçoit enfin le chalet de l’autre côté de la vallée. Il est minuscule. C’est qu’il est encore loin ! Maman a garé la voiture au début du chemin de terre, on va chercher une brouette pour transporter nos affaires sans se faire mal au dos. Noom et les chats nous suivent, heureux de se dégourdir enfin les pattes ! Heureusement, j’ai mes chaussures de montagne : elles sont étanches ! Surtout qu’il nous faut plusieurs allers-retours pour tout apporter au chalet. Maman me montre où aller chercher de l’eau. Eh oui, notre chalet n’a ni eau courante ni électricité ! On boira directement à la source, bien fraîche. Aïe, aïe, aïe... les douches seront glacées ! Et pour la lumière, on vivra à la bougie ! Tiens, j’entends des cris dans les rochers, là-bas. Je m’approche, je cherche un indice, quelque chose... mais rien... Je ne vois RIEN ! Noom m’aide, il renifle, mais même avec son flair il ne trouve rien, lui non plus. Dommage !
La montagne est pleine de couleurs. On dirait un tableau comme dans les musées. Maman me rejoint à la source avec des outils. On va raccorder les tuyaux les uns aux autres. Comme ça, l’eau arrivera directement au robinet du chalet et aux abreuvoirs de l’étable. Plus tard dans l’après-midi, Hans, l’éleveur qui a embauché Maman, vient nous rendre visite. Il est immense et super costaud, il m’impressionne. Il nous annonce l’arrivée des chèvres fin mai, puis celle du troupeau de génisses à la mi-juin. Hans a apporté : - des chocolats - des piquets pour les clôtures - des bricelets - du foin Maman allume un feu dans le creux de la cheminée pour chauffer de l’eau. Après cette première journée bien remplie, elle a envie d’une bonne douche chaude. La fumée pique un peu les yeux, mais on en rigole : c’est aussi ça, l’aventure !























