Extrait du livre Radegonde et la Grand'goule (version Grand'goule)
Radegonde et la Grand'goule de Naïma et Anne Mahler aux éditions Père Fouettard
Radegonde et la Grand'goule
Dans le temps, c’était mieux. Jadis, nous autres les dragons, nous étions libres et forts. J’étais jeune alors et je volais encore, jouant avec mes semblables entre la terre, la mer et les airs.
Et l’homme est arrivé avec ses villes, ses chevaux, ses armes de feu et de fer. Les dragons ont disparu. Pour lui échapper, je me cache depuis des siècles. Dehors, on me traque, on me suit, on m’agresse sans répit. J’entends parfois résonner l’écho de la vie humaine au-dessus de ma tête, mais je reste plus souvent enveloppée dans un silence morne. J’ai perdu la notion des jours qui passent, à force de ne plus voir le soleil. Je ne connais plus la caresse du vent, j’ai oublié le parfum des arbres au sommet des montagnes. Grand’goule, tel est mon nom. Tarasque, Graouilly, Cocatrix et Guivres sont des miens cousins : nous appartenons à la grande famille des dragons dont la seule évocation provoque la terreur dans le cœur des humains.






























