Le coq de Notre-Dame

Le coq de Notre-Dame

6-8 ans - 15 pages, 857 mots | 8 minutes de lecture
© L'Élan vert, 2021, pour la 1ère édition - tous droits réservés

Le coq de Notre-Dame

Le coq de Notre-Dame

Tout là-haut, à chatouiller les nuages, le coq de Notre-Dame trônait sur tout Paris. Quelle vue ! Décoiffant par grand vent mais il aimait ça ! On naît girouette, ou on ne l’est pas. Un soir d’avril pourtant, tout bascula… un incendie attaqua la cathédrale. Allait-il finir en coq à la broche ?

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Extrait du livre Le coq de Notre-Dame

Le coq de Notre-Dame de Géraldine Elschner et Rémi Saillard aux éditions L'Élan vert


Le coq de Notre-Dame
Atypique ! Unique ! Vue imprenable sur Paris. À 93 mètres de hauteur, 360 degrés de liberté ! Pas de vis-à-vis. Jeux d’ombres exceptionnels sur les nuages. À découvrir absolument ! (Cinquième étage sans ascenseur.) J’étais bien là-haut, dans mon petit coin de paradis. Le plus beau logis de Paris. Faramineux. Époustouflant. Décoiffant même, les jours de grand vent ! Mais j’aimais ça. On naît girouette, ou on ne l’est pas.
Pour arriver chez moi, il fallait longer deux étages de merveilles que, toute la journée, des gens du monde entier venaient visiter. Le son de l’orgue y résonnait, les chants me berçaient, les cloches rythmaient mes journées. Au troisième étage, une petite porte s’ouvrait sur une forêt de chênes enchevêtrés. Ah, l’odeur particulière de ces troncs centenaires… Après l’avoir traversée, restait à grimper un dernier escalier. Puis, au sommet de la flèche, le ciel s’ouvrait enfin sur…
… sur moi ! Moi qui trônais sur la ville, moi qui veillais sur la maison. Ces derniers jours cependant, une nouvelle odeur faisait frémir mes barbillons. Rive droite en effet, trois poulettes venaient d’emménager dans un joli jardinet. L’une d’elles gloussait à donner le vertige. Mon cœur de girouette ne fit qu’un tour. Chaque matin dorénavant, je me mis à chanter, rien que pour elle. Ma douce, ma belle, mon Esmeralda ! Je n'avais plus qu’une envie : la rejoindre à tire-d’aile. Seulement voilà. J’étais cloué sur mon trône, tout seul, au sommet de ma flèche. C’était à en pleurer. Un soir pourtant, tout bascula.
Ce soir-là, à peine visible dans un recoin du toit, une fine colonne de fumée blanche retint mon attention. Or qui dit fumée dit danger, chaque girouette le sait ! Aussitôt, j’avertis mes voisines et, d’une seule voix, les chimères lancèrent l’alerte, mais personne n’entendit le cri de ces Quasimodo de pierre. Une vingtaine de minutes plus tard, c’est une étrange chaleur qui commença à me chauffer les pattes. D’un coup d’aile, je parvins à me retourner et là, un cri d’effroi m’échappa ! Au pied de ma flèche, la toiture était en flammes !!! Ma forêt, ma maison tout entière brûlait ! Je hurlai à pleins poumons. Allais-je finir rôti en vieux coq à la broche ?