Extrait du livre Le grand coup de balai
Le grand coup de balai de Jo Hoestlandt et Léo Poisson aux éditions du Pourquoi pas
Le grand coup de balai
Depuis son arrivée dans cette ville, Malba essayait de passer inaperçu.
Pour cela, il marchait, tout le temps, rapidement. Ainsi, il avait toujours l’air d’aller quelque part et d’y être attendu. Sinon, les gens s’interrogent : « — Qu’est-ce qu’il fait, celui–là ? » Et dans leurs yeux, il lit toujours la même chose : de la méfiance. Une méfiance qu’il n’est pas loin d’éprouver lui–même, tant il se sent parfois l’envie de mordre comme un chien. Donc, il marche. Le soir, il fait quelques poubelles, il y trouve toujours de quoi manger. Il aime les poubelles d’ici. Elles ressemblent à des hottes de Père Noël. La nuit venue, il s’installe où il peut. Il se dit alors qu’il ne lui manque pas grand-chose pour être heureux : juste l’amour, ou l’amitié, une maison, un travail, de l’argent, la reconnaissance des gens, bref trois fois rien. Comme il est jeune, il se dit que ça viendra. Ce matin, il a approché une fille et un garçon qui faisaient la manche, sur le trottoir, avec leurs chiens. La fille ressemblait à une de son village qui lui avait offert un jour de l’eau fraîche parfumée de citron… Il s’est assis près d’eux. Un homme, en passant devant eux, a dit à sa compagne : — Un bon coup de balai ! Voilà ce que je ferais, moi ! Et la femme a hoché la tête pour l’approuver.






























