Extrait du livre Les ailes du vent
Les Ailes du Vent De Julia Billet et Pauline Blanchard Editions du Pourquoi pas
Les Ailes du Vent
C’est la saison des cerfs-volants. Le ciel est pour quelques jours un géantissime terrain de jeu où de drôles d’animaux jouent à cache-cache avec le vent et les nuages.
Merlot lève les yeux au ciel : il rêve de faire la course avec ces étranges objets de toutes les couleurs. Mais voilà, Merlot a beau être un oiseau à plumes rouges et bleues, il n’est pas question pour lui de s’amuser tout là–haut. Merlot est coincé dans sa cage et il n’a pas le temps de jouer. Il doit siffler, se pavoiser et chanter, pour plaire à ceux qui l’ont acheté, un jour, dans une boutique sur les bords du fleuve. Les plumes de Merlot sont brillantes et soyeuses : il est si jeune encore, un oisillon attrapé au vol et enfermé dans une volière dorée. Ses amis d’infortune sont à ses côtés.
Pas question de bouder ou de se recroqueviller, ils sont obligés de se pavaner, de s’égosiller toute la journée, pour plaire à ceux qui leur donnent à manger. Les oiseaux qui n’amusent pas la galerie finissent mal : une main les attrape, les sort de leur prison en fer forgé et ils disparaissent. On raconte que Péruchot a fini à la casserole, parce qu’il ne chantait plus et que Peroquito a été zigouillé parce qu’il était trop déplumé. Alors dès le petit matin, Merlot et ses copains se pomponnent et commencent leur journée de boulot. Ceux qui sont de l’autre côté font même payer les visiteurs pour venir contempler les oiseaux chanteurs, danseurs et cascadeurs. Pas question de rêvasser, c’est spectacle toute la journée.




























