Extrait du livre Mon cartable
Avant, dans mon cartable il y avait des trucs chouettes. Des chewing-gums à la fraise, tout au fond, un peu collés. Des bouts de règle en plastique. Les dessins de mes copains et moi : bases secrètes, châteaux, robots ou serpents. Des petits mots secrets, écrits par Louna à l’encre rose parfumée. Et au milieu de tout ça, pas le choix, des cahiers, des livres et une trousse.
Avant, mon cartable, il n’était rien qu’à moi. C’était mon coffre-fort, ma cachette, mon trésor. Le matin, cartable sur le dos, je partais à l’école avec des petits bouts de chez moi. Un jouet, l’odeur de la maison. Le soir, cartable sur le dos, je revenais chez moi avec des petits bouts de l’école. Un nouveau livre, ou un souvenir secret de Louna. L’odeur de la cour. Des marrons ramassés après la cantine.
Avant, c’était bien. C’était quand j’avais une seule maison. Quand papa, maman et moi on était juste nous trois. Dans juste un endroit. C’était moi entre papa et maman pour faire un câlin. Nous, ensemble.
Depuis le jour de la Grosse Dispute, tout est différent. Je vis dans deux maisons à la fois. J’ai deux chambres, deux lits, deux fois plus de jouets mais pas tous au même endroit. Maintenant je suis une moitié ici, une moitié ailleurs. Mon cartable, lui, est toujours avec moi. Mais il est différent à l’intérieur.

























