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Mystères au Louvre

Mystères au Louvre

9-12 ans - 51 pages, 9424 mots | 1 heure 09 minutes de lecture
© ABC Melody, 2024, pour la 1ère édition - tous droits réservés

Mystères au Louvre

9-12 ans - 1 heure 09 minutes

Mystères au Louvre

Le corps inanimé d’un gardien du Louvre est retrouvé dans un sarcophage mais, étrangement, aucun vol n’est signalé dans le musée. Lors de la visite du musée avec sa classe, Amytis aperçoit un homme qui cache quelque chose dans un meuble ayant appartenu à la reine Marie-Antoinette. N’écoutant que sa curiosité, elle trouve le moyen de se saisir du paquet et y découvre trois diamants censés appartenir aux Joyaux de la Couronne. Persuadée d’avoir mis le doigt sur un trafic de diamants, elle se cache avec ses camarades de classe la nuit dans le musée, dans l’espoir de surprendre les malfaiteurs. 

"Mystères au Louvre" vous est proposé à la lecture version illustrée, ou à écouter en version audio racontée par des conteurs et conteuses. En bonus, grâce à notre module de lecture, nous vous proposons pour cette histoire comme pour l’ensemble des contes et histoires une aide à la lecture ainsi que des outils pour une version adaptée aux enfants dyslexiques.
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Extrait du livre Mystères au Louvre

Mystères au Louvre d'Alain Surget et Camille Ledigarcher aux éditions ABC Melody


Mystères au Louvre
Chapitre 1 D’ombres et de verre Le rond de lumière glisse sur le sol, sur les murs et se braque sur l’entrée de la crypte. Un lion à tête d’homme surgit aussitôt des ténèbres. Le sphinx semble prêt à se redresser et à bondir. Son regard de pierre passe à travers l’homme comme si celui-ci était transparent ou n’existait pas. Le gardien remue les ombres en éclairant
autour de la statue, puis il s’engage dans la longue salle souterraine où subsistent encore les vestiges du château de Philippe Auguste, c’est-à-dire les fondations de l’enceinte et du donjon de l’ancienne forteresse. Soudain, il pile net. Un bruit insolite vient de l’alerter. – Marcel ! crie-t-il. C’est toi ? Le second gardien ne répond pas. Les rondes de nuit se font toujours en silence, comme si les employés craignaient de troubler le sommeil des divinités, des pharaons ou des momies conservées dans cette aile du musée. Comme s’ils redoutaient que des monstres ailés s’arrachent des bas-reliefs ou des blocs de granite pour fondre sur les imprudents qui oseraient perturber leur repos éternel. – Marcel ! insiste l’homme en baissant le ton, sentant le regard outré des pierres sur ses épaules. Marcel ! Marcel ! Ses appels finissent en chuchotements qui volent à travers la longue salle avec un bruit de feutre tels des froissements d’ailes de chauves-souris. Bien que les veilleuses diffusent une pâle lueur bleuâtre, le Louvre, la nuit, donne l’impression d’une grotte à dédales, d’un ventre de pyramide où s’entrecroisent, s’entrelacent et se perdent d’innombrables labyrinthes. Le gardien respire à fond. Ce qu’il a entendu n’est pas normal. Il décide d’écourter sa ronde au sous-sol pour monter au rez-de-chaussée, là d’où il pense que provient le bruit insolite. Il emprunte l’escalier et se retrouve dans la galerie des antiquités égyptiennes. Alors il s’arrête et tend l’oreille. Il perçoit un nouveau son, sorte de choc contre du bois. Il s’apprête à appeler son collègue mais se retient à temps. Par prudence, il éteint sa lampe. Autour de lui, dans l’étrange lueur des veilleuses, les peintures murales figurant la vie
des anciens Égyptiens ne forment plus que des bandes sombres plaquées aux murs. Dans les salles en enfilade, les vitrines contenant les objets reflètent des éclats bleus, tels des yeux luisants. Les blocs-statues et le mobilier font penser aux grosses carapaces noires de créatures monstrueuses qui auraient envahi la galerie. – M... Marcel ! risque le gardien d’une voix tremblante. C’est toi qui es là ? La sonorité des mots le rassure un peu. Il poursuit donc : – Réponds-moi, bougre d’âne ! Je sais bien que ce n’est pas à moi de surveiller ce niveau-ci, mais j’ai entendu un drôle de bruit, alors je suis monté. C’était quoi ? Tu n’as pas renversé du mobilier, j’espère ? Il se tait, quêtant une réponse. Mais elle tarde toujours. Le silence pèse à nouveau, menaçant, terrible. Des sphinx sont alignés le long d’un mur, tels de redoutables chiens de garde.
L’homme rallume sa torche électrique et promène le faisceau autour de lui. Des masses d’ombres s’animent en même temps, sautent de droite et de gauche dans une danse désordonnée et grotesque, se déchirent, s’ouvrent, s’allongent, se ramassent, se referment au gré de l’avance du gardien. Il parvient dans la salle des sarcophages, s’approche des cercueils en bois, les éclaire. Le rayon glisse sur eux, les dépasse... – Hein ? hoquette-t-il tout à coup. Le rayon de la lampe revient en arrière, se pose sur un sarcophage, s’y attarde. – Bon sang ! balbutie l’homme, les mots franchissant à peine ses lèvres tant la stupeur l’assaille. Les bras ramenés sur la poitrine à la manière des momies, le gardien Marcel est étendu dans le sarcophage, inconscient, bâillonné, ligoté de la tête aux pieds. * * * Le lendemain, le TGV transportant la classe de CM2 d’Alex Moury ralentit à l’approche de la gare de Lyon, à l’est de Paris. Farid, l’un des accompagnateurs avec Mélanie, referme le journal qu’il était en train de lire. – Cette affaire est tout de même incroyable, dit-il. Un gardien du Louvre a été assommé et retrouvé dans un des sarcophages du musée avec une belle blessure à la tête.
– Son collègue est en garde à vue car il est soupçonné de l’agression, poursuit Mélanie qui a lu l’article avant Farid. Il y aurait une sombre affaire de jalousie professionnelle entre eux, qui remonterait déjà à quelque temps. Le second gardien aurait voulu lui donner une leçon, mais celui-ci jure n’être pour rien dans l’attaque qu’a subie le dénommé Marcel. – Comme aucun objet n’a disparu du Louvre, la police ne croit pas à l’hypothèse d’un voleur, reprend le jeune homme. Le gardien est supposé avoir assommé son rival dans la salle de contrôle car aucune caméra n’a saisi la scène. En revanche, elle a relevé la présence d’un homme portant un corps sur son dos à travers la galerie égyptienne pour le coucher dans un sarcophage. – L’article souligne toutefois que, même si l’agresseur présumé portait l’uniforme d’un gardien, il était de dos. Son visage n’est donc pas apparu sur les écrans, spécifie Alex. Mais quelle idée d’aller déposer le corps dans un sarcophage ! – Moi, je l’aurais entouré de bandelettes ! lance Jasper, assis à côté du maître. Comme ça, on n’aurait pas vu la différence entre lui et les autres momies, et il n’aurait jamais été découvert. – La vengeance parfaite, conclut Farid en lui décochant un clin d’œil. On en saura plus quand la victime sera en état de parler. En attendant, l’enquête suit son cours. Par ailleurs, le Louvre a recruté deux nouveaux gardiens de nuit. – Pour moi, cette affaire est louche, glisse Amytis à son voisin Romain. Si l’un des gardiens voulait prendre sa revanche sur l’autre,
pourquoi l’avoir fait sur son lieu de travail ? C’était à coup sûr se désigner comme le coupable. – C’est vrai, l’appuie Romain. Tu penses donc que le gardien est innocent ? – Je me demande surtout ce que cela cache. – Nous trouverons peut-être la solution au Louvre puisque c’est ce musée que le maître va nous faire visiter, intervient Hugo, accoudé sur le dossier de son ami. – Je prendrai tout en photo, promet Thomas, à côté de lui, et je suis sûr qu’en les étudiant une à une, on dénichera des indices qui auront échappé à la police. Le TGV pénètre dans la gare, s’arrête en bout de quai. Les passagers empoignent leurs bagages et se pressent dans le couloir central pendant que retentit l’appel avertissant les voyageurs de ne rien oublier dans les voitures. À peine arrivés dans le hall 1, les élèves poussent des exclamations de surprise.
– Waouh ! C’est une véritable ville de verre ! Thomas lâche sa valise pour saisir son appareil photo. Aussitôt une main s’empare de son bagage, mais un cri de Cerise alerte Farid. Celui-ci agrippe le voleur par le col, le secoue et le laisse repartir quand l’autre abandonne la valise. – Soyez très prudents avec vos affaires ! conseille Alex Moury à sa classe en regardant l’individu se perdre dans la foule. – Je voulais juste photographier la verrière, se défend Thomas. – Ce n’est pas grave, lui renvoie Mélissa avec un petit sourire en coin, tu t’achèteras une carte postale de la gare. Les CM2 empruntent un escalier qui les conduit dans un dédale de couloirs et de portes automatiques jusqu’à la station de métro. Après quelques minutes d’attente, la rame arrive et coulisse en chuintant le long du quai avant de s’arrêter et de lâcher un signal sonore pour avertir de l’ouverture des portes. Mais au moment de s’engouffrer dans une des voitures, Romain s’écrie : – Thomas ! Thomas n’est plus avec nous !