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Mystères chez les Mayas

Mystères chez les Mayas

9-12 ans - 47 pages, 8783 mots | 1 heure 05 minutes de lecture
© ABC Melody, 2020, pour la 1ère édition - tous droits réservés

Mystères chez les Mayas

9-12 ans - 1 heure 05 minutes

Mystères chez les Mayas

Dans le cadre d’une étude sur les peuples précolombiens, la classe d’Alex Moury se rend au Mexique en pays maya. Mais lors d’un déplacement en pirogue, une partie des élèves se perd dans la jungle. Fuyant devant une bande de trafiquants, les enfants se réfugient chez les Lacandons. Mais entre autres dangers, le jaguar rôde. Lors d’une sortie avec les enfants indiens, les CM2 ont l’impression que la jungle les prend en chasse. Ils s’enfuient et, pour échapper à leurs poursuivants, tant fauves que trafiquants, ils s’engouffrent dans une profonde caverne qui débouche sur une cité maya en parfait état. Et habitée ! Pour préserver leur secret, les Mayas laisseront-ils repartir les enfants ?

"Mystères chez les Mayas" vous est proposé à la lecture version illustrée, ou à écouter en version audio racontée par des conteurs et conteuses. En bonus, grâce à notre module de lecture, nous vous proposons pour cette histoire comme pour l’ensemble des contes et histoires une aide à la lecture ainsi que des outils pour une version adaptée aux enfants dyslexiques.
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Extrait du livre Mystères chez les Mayas

Mystères chez les Mayas d'Alain Surget et Louis Alloing aux éditions ABC Melody


Mystères chez les Mayas
Chapitre 1 Au cœur du pays maya Le minibus quitte Palenque et s’engage sur la longue route bordée de collines parallèles au fleuve Usumacinta qui coule à quelques kilomètres de là. Il transporte la classe d’Alex Moury ainsi que ses deux accompagnateurs, Mélanie et Farid, à destination de Frontera Corozal, une petite bourgade à la frontière du Mexique et du Guatemala
Cela fait presque une semaine que, dans le cadre d’une étude sur les civilisations précolombiennes, les élèves ont atterri à Cancún, au Yucatán. Après deux jours passés à se baigner dans la mer des Caraïbes, ils ont traversé la péninsule en visitant les ruines mayas de Chichén Itzá et d’Uxmal avant de rejoindre Campeche puis Villahermosa où ils ont découvert le magnifique parc archéologique de La Venta avec ses gigantesques têtes olmèques. À présent, après avoir parcouru les vestiges de la cité de Palenque, les enfants font route vers leur prochaine exploration, à savoir le site de Yaxchilán, dans la jungle occupée par les Indiens lacandons. – C’était super, Palenque, dit Thomas. Je n’ai pas arrêté de photographier le temple des Inscriptions et le Palais. – Et encore, seul un dixième de la cité a été déblayé ! signale José, leur guide.
– Ça veut dire qu’il y a encore plein de temples et de tombeaux enfouis sous la jungle ? intervient Jasper. Remplis de trésors ? – C’est sûr ! acquiesce Mélanie. Les pillards n’ont certainement pas vidé tous les sites. – Waouh ! laisse échapper la classe avant de reporter son attention sur les collines couvertes de forêts qui bordent la route. – Les collines ressemblent à des pyramides, remarque Romain. Elles sont alignées comme si c’étaient des constructions. – Je ne serais pas étonnée si c’étaient vraiment des pyramides surmontées de leurs temples, le tout recouvert par la végétation, déclare Amytis. José nous a expliqué qu’à Palenque, les hauteurs qui dépassaient de la forêt étaient des monuments sur lesquels les arbres avaient poussé. – Alors on passe peut-être devant une cité perdue, suppose Mélissa, la voix empreinte d’émotion. – À Teotihuacán, au nord de Mexico, un paysan labourait son champ lorsqu’il a trouvé, mêlés à la terre, des objets anciens tels que des couteaux de sacrifice et des petites statuettes, raconte Alex. Alertés, les archéologues ont déblayé la zone, et une cité disparue est apparue au grand jour, avec un quartier royal et de nombreuses pyramides bordant une grande avenue. Ce n’était pourtant que le centre cérémoniel, une infime partie de l’agglomération. Le guide renchérit : – Bâtie vers 200 avant Jésus-Christ, Teotihuacán – appelée aussi la cité des dieux – est devenue, à son apogée, vers le VIe siècle, la plus grande ville de toute l’Amérique précolombienne, s’étendant sur 150 km2 et comptant plus de 200 000 habitants... pour finir ensevelie sous des milliers de tonnes de terre. – Comment est-ce possible ? veut savoir Amytis.
– Il y a eu des révoltes internes, puis des guerres avec les peuples voisins. Cela a causé de grandes famines et des épidémies, relate José. Désertée, la cité a ensuite été enterrée afin qu’il n’en reste plus aucune trace. C’était aussi une façon d’éradiquer les infections. Une sorte de silence sacré plane dans l’air. – Alors, avec quelques coups de pelles et de pioches, on pourrait faire surgir une nouvelle ville... laisse traîner Thomas, les yeux rivés sur les collines qui défilent derrière les vitres du car. Peut-être une nouvelle cité des dieux. Ah, si je pouvais être le premier à la photographier ! – Les archéologues recherchent toujours la Ciudad Blanca, une mystérieuse cité qu’évoquait déjà le conquistador Hernan Cortès, le conquérant du Mexique, poursuit le guide. – C’est une légende, comme celle des cités d’or ! soupire Mélanie. – L’Eldorado existe, señorita, lui renvoie José. – Les Espagnols l’ont cherché du Mexique jusqu’à l’Amazonie sans jamais rien trouver, rappelle la jeune femme. – Parce qu’ils n’ont pas fouillé au bon endroit, sourit José. – Bien sûr, souffle Mélanie en se rencognant sur son siège. Deux heures trente plus tard, le car arrive à Frontera Corozal situé sur la rive gauche de l’Usumacinta. Des maisons blanches ou colorées, au toit de chaume à quatre pentes, s’alignent le long de la voie principale. Un hôtel à façade rose et volets bleus fait penser à une grosse friandise. Le chauffeur arrête le car sur une placette. Les enfants descendent avec leurs petits sacs à dos qui contiennent le repas de midi et quelques affaires, et empruntent le chemin qui les mène au bord du fleuve. Il n’y a ni quai ni ponton ; une flottille de pirogues est amarrée à de simples poteaux fichés dans la berge.
– En face, c’est le Guatemala, indique le guide. – Ah bon ? s’étonne Hugo. On ne voit que la forêt. Il n’y a aucun poste de garde. – C’est le río Usumacinta qui marque la frontière, précise José. On ne voit rien, mais je t’assure que la rive est surveillée, niño ! Quelques pirogues dansent sur les flots, luttant contre le courant pour remonter le río. D’autres bateaux, plus gros, cabotent vers Tenosique, en aval, tous moteurs ronronnant et crachant des panaches noirs par les tuyaux d’échappement. – Vu le nombre d’élèves, nous allons louer deux lanchas, suggère José. Ce sont des pirogues à moteur, spécifie-t-il devant le froncement de sourcils interrogateur d’Alex Moury. Il se dirige vers une cabane peinte en rouge qui fait office de billetterie, et s’acquitte en même temps du prix d’entrée du site archéologique de Yaxchilán. Les élèves se répartissent ensuite dans deux lanchas bleues à bord jaune recouvertes d’un toit de palmes. José et Farid se chargent d’un groupe, Alex et Mélanie de l’autre. – C’est parti ! claironne Jasper qui, avec Hugo, Romain, Thomas, Amytis, Mélissa, Cerise et quelques autres, est monté dans l’embarcation du maître. La pirogue de José démarre en tête. Après quelques ratés de moteur, le pilote de la deuxième lancha réussit enfin à s’élancer dans son sillage
Des cris de singes hurleurs et des caquets d’oiseaux accompagnent l’avancée des deux pirogues. La forêt tropicale s’étire sur les deux rives : sombre, d’aspect impénétrable, précédée parfois par une courte plage ou plongeant directement ses racines dans les eaux. Cerise lâche un hoquet d’effroi en apercevant un long serpent onduler à la surface, s’approcher de la lancha puis plonger sous elle pour réapparaître de l’autre côté, son corps se diluant peu à peu dans la masse verdâtre du río. – ¡Anaconda! dit le piroguier. Sour la berge ou cachés dans las hierbas, il y a aussi des yacarés ! – Des yacarés ? répète Mélanie. – ¡Cocodrilos! précise l’homme en posant ses deux mains l’une contre l’autre et en les ouvrant pour symboliser les mâchoires d’un crocodile.
Puis il s’esclaffe devant la mine inquiète de la jeune femme. – Le voyage jusqu’à Yaxchilán dure une petite heure, la rassure Alex. – Ouais, mais il peut en arriver des choses en une heure, grommelle Mélissa, les yeux braqués sur les remous du fleuve. Au fur et à mesure de la navigation, des vapeurs blanches s’élèvent au-dessus des arbres, qui finissent par noyer la barrière de la jungle dans un rideau de brume. L’Usumacinta se couvre d’un voile gris qui mouille et fait tousser. La pirogue de José se fond dans le brouillard. Simple tache sombre, elle disparaît bientôt à la vue d’Alex. – La saison des pluies approche, commente-t-il. L’humidité de l’air est renforcée par la présence du fleuve et de la forêt. – Heureusement qu’on a nos K-ways ! se félicite Amytis en tirant le vêtement du sac, imitée par ses camarades qui les endossent aussitôt. Le moteur se met soudain à tousser, lui aussi. Et s’arrête. La lancha ralentit. La proue pivote légèrement dans le courant. – Ah non ! s’exclame Mélanie en se tournant vers le piroguier. Vous allez le remettre en marche, votre maudit moteur ! Et vite, avant qu’on ne chavire ! L’homme s’excite sur le cordon de son moteur. Après deux toussotements pourtant prometteurs, celui-ci refuse de repartir. L’embarcation fait un tête-à-queue et commence à tournoyer sur le fleuve. Agrippés au plat-bord ou aux bancs, les enfants sont pétrifiés, muets de terreur. – Et maintenant ? s’écrie Mélanie, en paniquant. Et maintenant ?