Extrait du livre Le livre où la poule meurt à la fin
Le livre où la poule meurt à la fin de François Blais et Valérie Boivin aux éditions Les 400 coups
Le livre où la poule meurt à la fin
Dans un grand poulailler vivait une jeune poule nommée Catherine. Comme ce poulailler abritait des centaines de poules, on ne leur donnait pas de nom, mais Catherine avait décidé de s'appeler Catherine. Parce que.
Catherine était affligée d'un vice très grave : elle était dépensière. Dès qu'un objet lui plaisait, même un tout petit peu, elle devait l'acheter.
Elle possédait des robes, des bijoux, des téléphones, des extracteurs à jus, des bibelots, un tutu, des tableaux, des perceuses électriques, des bols à punch, des arrosoirs, des disques, des poupées, des horloges; elle possédait même un jeu de pneus d'hiver (elle qui n'avait pas de voiture), ainsi que cinq paires de gants (elle qui n'avait pas de mains).
Elle mangeait en ville tous les soirs et prenait le taxi pour passer le temps.
Un jour, le responsable du poulailler, un jeune coq prénommé Jean-Claude, convoqua Catherine dans son bureau et lui tint ce discours : « Catherine, tu dépenses trop ! Je crois que tu es ce qu'il est convenu d'appeler une acheteuse compulsive. - Je sais. Et alors ?




























