Extrait du livre DINO et nous
DINO et nous d'Anne Loyer, Ingrid Chabbert et Estelle Billon-Spagnol aux éditions Frimousse
DINO et nous
1 Je m’appelle Djingo. Enfin, mon vrai prénom de naissance, c’est Pierre-Hercule.Vous comprenez pourquoi je préfère Djingo ? J’ai un frère, Marcel, plus petit que moi, d’au moins une tête et deux ans. Lui, il aimerait tout savoir, tout voir, tout faire. Mais il ne sait rien, ne voit rien et ne fait rien. Si, un jour, il a quand même vu un truc. Un truc énorme ! C’était au parc. On y va avec papa. Jamais avec maman. Maman elle est drôle, c’est pas une vraie maman comme on voit à la télé. Elle aime pas les poussettes, les toboggans et les tourniquets. Elle déteste bêtifier devant les autres bébés. Dire des trucs qu’elle pense même pas. Je crois surtout qu’elle est allergique aux cris.
Mais papa, il aime bien ça, lui. Jouer de la tétine et du biberon. Faire des pâtés de sable et des glissades. Il aime rêver sous les peupliers. Alors, avec Marcel, il nous emmène au parc. Et c’est là qu’il l’a rencontré... caché dans un bosquet.
2 Marcel est arrivé vers moi en criant, les cheveux dressés sur sa tête de clown. « Dj... Dji.... Djingo, viens voir !!!! » Occupé à couver du regard le ballon qu’on venait de me piquer, j’ai fait semblant de ne pas l’entendre. Il aurait fallu être sourd pour ne pas l’entendre mais faire semblant, c’est mon truc. « Dji... Djingo, tu devineras jamais ce qu’il y a là-bas ! ». Il m’a désigné d’un doigt tremblant un gros buisson à l’écart. Il avait vraiment l’air dans tous ces états mon petit frère et ça, ça m’a intrigué. Lui, il est pas du genre à être un surexcité de la vie ! J’ai fini par le laisser me traîner derrière lui.
J’ai même pas eu besoin d’écarter les branches. On aurait dit un gros rocher. Qui montait et descendait façon yo-yo. C’était donc vivant et ça respirait. C’était roulé en boule, enlacé dans sa queue et dans son cou, qui lui faisaient un drôle de nœud sur son gros ventre. Ça avait une toute petite tête. Une toute petite tête qui nous regardait. Ça n’avait pas l’air méchant. Plutôt l’air craintif. C’est quand j’ai vu les yeux de Marcel que j’ai compris que les problèmes ne faisaient que commencer. La bête a approché son gros museau et s’est redressée. Son cou s’est allongé, allongé et allongé encore. Elle était maintenant aussi grande qu’un immeuble de cinq étages, aussi grande que je-ne-sais-pas-combien de girafes sur échasses ! Marcel était en totale admiration, moi je me sentais tout petit riquiqui... D’une patte, elle pouvait nous écrabouiller. Nous transformer en purée de petits garçons. Et Marcel s’en fichait visiblement comme de sa première chaussette !



































