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Les chroniques de l'Oméga - Milady et le grimoire de l'Hellébore

Les chroniques de l'Oméga - Milady et le grimoire de l'Hellébore

9-12 ans - 58 pages, 12833 mots | 1 heure 34 minutes de lecture
© Mage éditions, 2021, pour la 1ère édition - tous droits réservés

Les chroniques de l'Oméga - Milady et le grimoire de l'Hellébore

9-12 ans - 1 heure 34 minutes

Les chroniques de l'Oméga - Milady et le grimoire de l'Hellébore

Milady trouve peu à peu sa place au sein du royaume des Ombres, et pourtant des rumeurs inquiétantes sèment le trouble à la cour. Heureusement, son ami et conseiller, le magicien Holgir, lui confie le grimoire magique de l’Hellébore. Milady saura-t-elle décrypter les enseignements de ce précieux manuscrit à temps pour déjouer le complot qui se trame ?

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Extrait du livre Les chroniques de l'Oméga - Milady et le grimoire de l'Hellébore

Les Chroniques de l'Oméga - Milday et le grimoire de l'Hellébore de Calista Moon et Artemisia chez MAGE Editions


Les Chroniques de l'Oméga - Milday et le grimoire de l'Hellébore
Chapitre 1 Le royaume des Ombres Le vent soufflait fort dans la vallée. Des flocons s’envolaient en tourbillons, portés par les bourrasques qui s’abattaient avec rage sur la petite équipée. On devinait la présence d’un village en contrebas, révélé par les fumées qui s’échappaient des cheminées. Après avoir parcouru ce long chemin, ils arrivaient enfin aux portes du royaume des Ombres. La neige avait effacé les toits des chalets, comme si le village de Daemon avait été totalement englouti. Milady réprima un frisson. Sa cape ne parvenait plus à la protéger suffisamment du froid, et il lui tardait de se réchauffer auprès d’un bon feu. Daemon lui avait proposé de l’accueillir chez sa mère pour partager un repas avant de se présenter au château. La jeune Elfe savait que son compagnon avait
hâte de retrouver les siens et surtout de leur montrer son incroyable métamorphose. L’Ombre lui indiqua de s’arrêter devant de hautes grilles en fer, qui leur barraient la route. Il descendit lestement et s’approcha. Deux gardes surgirent aussitôt. — Halte là ! Qui êtes-vous ? s’exclama celui armé de flèches pointues. — C’est moi, Daemon ! Laissez-moi regagner mon foyer : ma mère attend avec impatience mon retour ! — Comment s’appelle ton amie, sur le cheval ? lança l’autre garde, le regard mauvais. — Milady ! C’est... une Elfe ! N’ayez crainte ! Je réponds d’elle ! Le garde renifla, fronça les sourcils, puis marmonna quelque chose à son coéquipier. — Je me souviens de toi, gamin. Comment as-tu réussi à récupérer ton apparence ? Par quel sortilège est-ce possible ? — C’est une longue histoire... Et c’est grâce à Milady ! — C’est bon, vous pouvez passer ! accepta finalement le garde abasourdi. — Allez Milady, suis-moi ! Tenant fermement Ambre Noire par son licou, Daemon les conduisit jusqu’au chalet de sa mère. Enfin... ce qu’il en restait. Car les Sylphes avaient détruit la plupart des petites maisons en rondins, alignées de part et d’autre du chemin. Certains chalets n’avaient plus de toit, plus de porte, plus de mur... On aurait dit qu’une tornade les avait balayés, emportant tout sur son passage. Mais non, c’était simplement l’œuvre des Sylphes. La jeune Elfe eut un pincement au cœur en découvrant ces ruines, témoins du terrible massacre qui s’était produit au royaume des Ombres, son royaume d’adoption. En voyant l’étendue du désastre, elle prit soudain conscience de la lourde tâche qui l’attendait. D’abord reconstruire. Puis rendre ses couleurs à ce monde en noir et blanc. Daemon attacha solidement la jument sous le porche accolé au chalet, puis frappa doucement à la porte. Des volutes de fumée s’échappaient de la cheminée, vite balayées par le vent qui s’était renforcé. Le jeune homme tapota ses semelles pour en faire tomber la neige et fit signe à Milady de le rejoindre. La porte s’ouvrit sur une femme qui portait une petite fille. Son regard s’agrandit dès qu’elle reconnut Daemon. Sans un mot, il la serra dans ses bras. Elle
le repoussa en étouffant un sanglot, et l’Elfe vit une larme briller dans son regard. — Mais où étais-tu, Daemon ? Où étais-tu passé ? Tu te rends compte ! Ça fait si longtemps que tu es parti... Tu ne peux pas imaginer comme j’ai eu peur ! — Je suis là, Maman. Tout va bien maintenant. Sois rassurée. Il ne m’est rien arrivé. Je suis juste... je suis seulement parti aider une amie. Ça a été plus long que prévu. Mais à présent, je suis là ! Egill prit le visage de son fils entre ses mains et posa sur lui un regard attendri. — Comment as-tu fait ça ? Comment as-tu réussi à... retrouver tes couleurs ? Daemon sourit et glissa un regard vers son amie. — Maman, je te présente Milady. C’est grâce à elle. Elle vient du royaume des Elfes Noirs. À ce moment-là, Perce-Neige en profita pour glapir, lové dans son sac de transport. Daemon l’aida à sortir, le caressa afin de le rassurer, puis s’approcha de sa mère. — C’est l’Élue, Maman. C’est elle... lui chuchota-t-il à l’oreille. Egill resta interdite un instant puis posa Sibylle qui courut se jeter dans les bras de son frère. L’Élue. Celle qui devait sauver le royaume des Ombres. Celle qui saurait leur rendre leurs couleurs. La prophétie l’avait annoncée. Egill se remémora un passage des textes sacrés issu des Chroniques de l’Omega : Le temps venu, Viendra l’Élue Et sur le royaume des Ombres Selon la volonté de l’Omega Régnera... Troublée, la mère de Daemon murmura, sans quitter l’Elfe du regard. — Ce n’est pas possible... Je ne peux pas y croire ! Milady jeta un coup d’œil à son compagnon qui s’était accroupi pour présenter Perce-Neige à Sibylle, puis serra chaleureusement la main d’Egill. — Enchantée, madame. Merci de m’accueillir chez vous. Nous avons fait un long voyage, et je ne suis pas fâchée de me retrouver au chaud. Votre fils a été très courageux. Il m’a aidée à mener une quête et je l’en remercie. Je suis sincèrement désolée de vous le ramener aussi tardivement, mais sans lui, le royaume des Elfes Noirs serait tombé aux mains des Sylphes. À ces mots, la mère de Daemon se raidit et ses mains se mirent à trembler.
— Les Sylphes, vous dites ? Mais pourquoi s’en sont-ils pris à vous ? — Ils sont animés par une rage qui brûle dans leurs cœurs, reprit gravement la princesse. Ils sont épris de violence. Ces monstres feront tout pour être à la tête des autres territoires. Mais nous les avons repoussés, c’est ce qui compte. À présent, je vais vous aider à reconstruire votre royaume. Egill hocha silencieusement la tête. — Vous allez avoir du travail. C’est une bonne chose que vous soyez enfin arrivée. Nous vous attendions, Milady ! C’est un honneur pour moi de vous recevoir dans mon misérable foyer. Elle se tourna vers son fils. — Daemon, veux-tu approcher un siège auprès du feu pour ton amie ? Elle a l’air frigorifiée. Je finis de préparer la soupe et je vous sers. Je suis navrée, je n’ai pas grand-chose d’autre à vous offrir, mes enfants... Le jeune homme plaça un fauteuil en face de l’âtre, puis aida Milady à retirer sa cape. — Repose-toi. Tu es très pâle. Pendant ce temps, je vais aider ma mère. Ça fait longtemps que je suis parti... — Bien sûr, je t’en prie. Ne t’inquiète pas pour moi.
Une quinte de toux la saisit soudain. Elle s’était probablement enrhumée pendant leur long trajet sous la neige. Il était plus que temps de reprendre des forces. Elle allait devoir faire preuve de courage pour monter sur le trône des Ombres et redonner vie à ces terres désolées. Sous la neige qui tombait sans discontinuer, la reconstruction s’annonçait compliquée. Un sombre pressentiment hantait la princesse ces derniers temps : quelque chose d’indéfinissable, de terrifiant, qui était lié... à Daemon ! Asgard, son corbeau aux ailes sombres semblait de plus en plus agité : il restait perché sur l’épaule de sa maîtresse et ne s’approchait pas du garçon. Après tout, il n’avait peut-être pas tort de se méfier de l’Ombre : ce dernier avait volé l’une des précieuses Éternelles qui poussaient dans le jardin sacré des Elfes Noirs. Ainsi, il était devenu immortel, mais par ce larcin, il avait vendu son âme au diable... et qui sait ce qu’il risquait d’advenir. Chapitre 2 La citadelle Quand Milady ouvrit les yeux, il faisait jour. Elle avait dormi sur une petite couche de fortune, à même le sol. Daemon l’avait portée dans ses bras puis étendue sur le lit de Sibylle qui avait passé la nuit dans les bras de sa mère. Quant à lui, il s’était assoupi en bas, devant la cheminée. Une clarté blanchâtre filtrait au travers des volets abîmés. Quelques flocons dansaient çà et là, avant de se poser sur les fenêtres froides du logis. Par chance, le vent était tombé, et les villageois pouvaient de nouveau sortir. Milady aperçut des Ombres errer dans les ruelles boueuses, à la recherche de vivres. Elle soupira. Il fallait rejoindre Holgir. Il devait déjà les attendre au château.
La princesse se leva lentement. Des courbatures ankylosaient tous ses membres. Leur périple avait laissé des traces sur son corps. Elle s’emmitoufla dans sa cape puis descendit au salon retrouver Daemon qui sirotait une infusion. — Comment vas-tu, Milady ? — Eh bien, je suis reposée. Il est temps de partir pour le château. — Avant cela, bois ce breuvage. Une petite recette de ma mère ! Le jeune homme lui servit un bock puis la gratifia d’un clin d’œil. — Tu verras, ça te donnera des forces. Ça s’appelle « l’élixir des Trolls ». En fait, ma mère est un peu magicienne, alors... goûte ! Milady porta le bock à ses lèvres. Un parfum ensorcelant émanait de la boisson violette dont elle but quelques gouttes. Elle se sentit soudain ragaillardie, comme si elle recouvrait l’énergie qui lui avait manqué ces derniers jours. — Je me sens mieux, c’est vrai. Il faut que nous allions rejoindre Holgir, à présent ! Il est grand temps ! Daemon hocha la tête et ouvrit la porte du cottage. Dehors, de la neige fraîche recouvrait le village. Ambre Noire hennit à la vue de Milady. Daemon s’était occupé d’elle au petit matin, et elle piaffait d’impatience. Il s’approcha de la jument pour la seller. Egill les regardait par la fenêtre, les yeux brillants d’espoir. — À plus tard, Maman ! Nous partons pour le château ! J’assure la sécurité de Milady. Ne nous attends pas ! Sa mère sourit. Milady lui fit un signe de la main avant de soulever le sac où Perce-Neige s’était déjà lové. — Mais dis donc, tu es devenu lourd, toi ! Puis elle caressa la crinière d’Ambre Noire. — Allons, en avant pour le royaume des Ombres ! La jument partit au galop en direction de la forteresse dont les toits pointus griffaient les nuages lourds, gonflés de neige. La fortification se dressait, haute, massive, devant Daemon et Milady. Deux tours encadraient l’entrée. Les murailles, noircies par l’incendie provoqué par les Sylphes, s’affaissaient par endroits, tandis que plusieurs
créneaux arrachés laissaient deviner la cour intérieure de l’ancien château. — Suis-moi ! lança Daemon en glissant à terre. Il prit la jument par son licou et l’entraîna à sa suite. Les portes grincèrent lorsqu’il pénétra dans la citadelle. Milady, perchée sur Ambre Noire, observait attentivement les lieux. Il régnait une atmosphère étrange : la vie semblait avoir définitivement quitté le château abandonné. Asgard se posa sur son épaule. Elle caressa doucement ses plumes noires et murmura. — Tout va bien, Asgard. Voici ton nouveau palais... Je reconnais que ce n’est pas très engageant, mais je te promets que nous ferons tout pour sauver ce royaume ! L’oiseau émit un petit cri et se serra un peu plus contre sa maîtresse. Ils traversèrent la cour enneigée et arrivèrent devant l’entrée de la salle du trône. — Qui gouvernait ici... avant que tout cela n’arrive ? souffla Milady. Daemon baissa la tête. Il fixait le sol, sans répondre. — Qu’y a-t-il ? s’enquit la jeune Elfe, surprise par son silence.
— C’était... mon oncle, le frère de mon père. Le roi Rolf a disparu : on dit que les Sylphes l’ont capturé. On ignore ce qui est advenu de lui. Les légendes racontent qu’on peut le croiser la nuit, au détour d’un chemin sombre, errant dans la forêt. Il chuchota, l’œil brillant. — Tout près du lieu de notre rencontre. Le jeune homme se tourna et pointa les bois qui s’étendaient derrière la citadelle. — Tu veux dire... vers la grotte d’Holgir ? s’étonna Milady. Daemon acquiesça. — Crois-tu qu’il serait à la recherche de la Pierre de Lune ? — Tout est possible. Rolf était un homme... particulier. Mon père ne s’entendait pas avec lui. C’était un souverain dur, au caractère difficile. Impulsif, il prenait souvent des décisions sous le coup de la colère. La princesse le regarda quelques instants avec perplexité. Et si tout cela était vrai ? Si les rumeurs colportées par les villageois étaient fondées, Rolf chercherait à reprendre sa place en apprenant la présence de l’Élue dans son royaume. Elle réprima un frisson et chassa ces funestes pensées d’un geste de la main. — Eh bien, si jamais il revient s’emparer du trône, nous aviserons à ce moment-là ! En attendant, tu peux me faire visiter ? Le jeune homme hocha la tête. Milady mit pied à terre et Daemon accompagna Ambre Noire jusqu’aux écuries toutes proches, laissant l’Elfe contempler l’édifice en piteux état. Quelques minutes plus tard, l’Ombre était de retour. Il poussa les lourds battants de la porte principale, qui s’ouvrirent sur un hall lugubre et froid. Là encore, il n’y avait pas âme qui vive. L’Elfe imaginait l’endroit tel qu’il avait dû être avant l’invasion des Sylphes : le soleil perçait à travers les vitraux, et un feu de bois était allumé dans l’immense cheminée ; les vieilles tapisseries poussiéreuses et mangées par les mites étaient remplacées par de nouvelles, colorées et chaleureuses. Le courant d’air glacial la tira de sa rêverie. Non, cet endroit n’avait plus rien d’enchanteur et ne les