Extrait du livre Une journée d'école extraordinaire
Une journée d'école extraordinaire de Christophe Gillet et Jean-Luc Englebert aux éditions ABC Melody
Une journée d'école extraordinaire
En classe, Madame Aline avait toujours de chouettes idées. Ce qu’elle aimait le plus, c’était de nous organiser des journées « spéciales » comme elle disait. Je me souviens de la journée rigolote durant laquelle on s’était raconté des blagues à chaque heure pile de la journée. Ce matin, sans grande surprise, elle nous a présenté un tout nouveau projet : inviter nos parents en classe le temps d’une journée. – Que diriez-vous d’une journée originale qui s’appellerait « Mes parents ont un incroyable talent » ? Je suis certaine que l’un de vos parents a une spécialité, une passion, un métier à faire découvrir à toute la classe !
– Oh oui ! Mon papa, il collectionne les plaques de voitures ! a répondu Anna. – Le mien, il a été champion de boxe ! a ajouté Youssouf. J’ai directement renchéri : – Vous savez, mon papa, c’est un très grand chocolatier, médaillé d’or et fournisseur officiel de la cour du roi ! Et en plus, il explique super bien son métier aux enfants. Il viendra sans hésiter ! Madame Aline a continué son explication : – Magnifique ! Je vais lancer les invitations avec un courrier que vous montrerez à vos parents. On les invitera en classe vendredi prochain. Nous étions tous complètement emballés par cette idée.
Le soir, durant le repas, j’ai expliqué l’événement à mes parents. Je me suis collé à Papa pour le convaincre en lui disant que tous mes copains voulaient le rencontrer. Mais malheureusement, les mimiques de son visage traduisaient plutôt un « Non, désolé » qu’un « Oui, avec plaisir ». – Mon petit Marcel, m’a-t-il répondu, tu sais qu’on approche des fêtes de fin d’année. Nous avons d’énormes commandes de pralines à l’atelier. Ça va être difficile de me libérer ! Pour moi, c’était la douche froide ! Je n’ai pas terminé mon assiette de frites. Son refus m’avait complètement coupé l’appétit. Comment mes copains allaient-ils réagir ?
Le lendemain en classe, beaucoup d’enfants avaient rendu le talon à compléter. J’étais plutôt jaloux. Madame Aline était ravie d’avoir reçu autant de réponses positives. – Je vais organiser le programme des visites pour cette journée spéciale. Marcel, qu’en est-il de ton papa ? m’a-t-elle demandé. Avec un sourire un peu crispé, je lui ai promis de rapporter le talon signé le lendemain matin sans faute. La journée m’a paru étrange. Je m’en voulais un peu d’avoir menti à mon institutrice. Je n’avais même pas envie de jouer au foot avec Pablo, Inès et Bogdan.


























