Extrait du livre Mystères dans les Highlands (Tome 3) - Panique au Loch Ness
Mystères dans les Highlands : Panique au Loch Ness d'Alain Surget et Louis Alloing aux éditions ABC Melody
Mystères dans les Highlands : Panique au Loch Ness
Chapitre 1 Les Jeux highlandais Dans une auberge de jeunesse, à Inverness. Le chauffeur range son thermos de café dans une niche, près de son siège, et met le moteur en marche. Alex Moury attend que le dernier élève soit monté pour aller s’installer à côté du guide, à l’avant.
– En route ! lance-t-il. Le Loch Ness nous attend ! – C’est le monstre Nessie qui va frétiller d’aise,complète John. Tous ces jeunes à croquer ! – Et s’il n’aimait que les Écossais ? lui renvoie Jasper, son tam o’ shanter vissé sur la tête. – Tu serais aux premières loges, avec ton béret, lui fait remarquer Mélissa la rouquine. – Beuh, répond le garçon en se tassant sur son siège. Le car quitte Inverness et s’engage sur la route qui longe la rivière Ness. – Tu as encore échappé au haggis, dit Romain à son amie Amytis. Jasper a bien examiné tous les plats. Il avait l’air déçu de ne pas trouver de la panse de brebis farcie. Tu lui as promis d’y goûter, et il ne te déliera pas de ta parole. – Nous ne sommes qu’au sixième jour de notre voyage, rappelle Cerise installée à côté d’Amytis. – Ça veut dire, poursuit Hugo assis sur le siège derrière elle, près de Romain, qu’on risque de nous servir du haggis tous les jours restants. Je suis malade rien que d’y penser. Plus tard, le car fait halte à Glackossian. Les élèves descendent et suivent le guide jusqu’à un point de vue, là où la rivière prend naissance au bout d’un lac. – Le Loch Ness ! annonce John avec un grand geste. Nous sommes ici à la frontière de deux mondes : celui de l’homme moderne, avec ses villes, ses magasins, sa civilisation ; et celui de la nature sauvage, avec ses légendes, ses habitants aux coutumes étranges, son monstre et ses nains des landes, les terribles Bonnets Rouges aux mœurs sanguinaires, achève-t-il en roulant de gros yeux. – Pfff ! ricane en douce Mélissa. Encore des histoires à dormir debout.
Le Loch Ness s’étire en un large ruban aux eaux bleutées qui reflètent le ciel comme dans un miroir. – Le monstre dort là-dessous ? demande Jasper en montrant la surface lisse Je m’attendais à un lac sombre, presque noir, avec des eaux agitées – J’espère que Nessie va se montrer, dit Thomas en brandissant son appareil photo. Je ne veux pas rentrer sans rien, moi. – Hé ! le reprend Alison. Tu as photographié douze fois l’Eassie Stone, vingt fois le manoir de Walter Scott. Tu as pris des photos de chaque recoin du château de Glamis. Quant au lion de pierre, dans le jardin, tu l’as photographié sous tous les angles. – Pas de face, se défend Thomas. J’allais le faire quand il a levé la patte sur moi pour me griffer, juste au moment où tous les fantômes se sont mis à hurler et à secouer les barreaux des fenêtres. – Et tous les plats que tu as pris en photo ! renchérit Hugo. Tu vas ramener toute l’Écosse dans ton appareil. – Oui, convient Thomas, mais si je n’ai pas Nessie, il va me manquer l’essentiel. Alex Moury rappelle sa classe car, s’il a prévu un arrêt à Glackossian, ce n’est pas uniquement pour admirer le Loch Ness.
– Nous allons assister à des Highland Games ! déclare-t-il. – C’est quoi, ça ? grommelle Jasper. – Les Jeux highlandais, traduit Alison. – Des jeux pour nous ? relève une fillette. – Non, répond Mélanie, la deuxième accompagnatrice. Il s’agit de concours de danses et de lancers de troncs d’arbre. – Hein ? Ils lancent des arbres ? s’exclame Jasper. Ils sont fous, ces Écossais ! Les enfants se regroupent sur un espace délimité par des toiles tendues sur des piquets. Deux podiums sont disposés devant, et une foule attend déjà sur des bancs. Les élèves s’installent sur le sol. Un joueur de cornemuse est planté entre les deux estrades, son instrument dans les bras. – Tiens, pour une fois, Caféman a quitté son car, remarque Romain, assis entre Amytis et Hugo – Il n’a pas oublié son thermos, se moque gentiment Hugo. Il ne peut pas vivre sans café, celui-là. Le chauffeur, le guide, Farid et Mélanie sont debout côte à côte. Alex Moury se trouve quelques pas derrière eux, et il semble les observer. – Il y a un traître parmi ces quatre-là, souffle Amytis. Le maître doit s’en douter, lui aussi. – À moins que ce ne soit le maître, hasarde Hugo. – Impossible ! tranche Romain. Monsieur Moury était avec la classe dans la salle à manger quand Thomas a surpris quelqu’un dans la chambre de Farid. Il était aussi avec nous trois dans la chapelle de Glamis quand Farid s’est fait attaquer. – En tout cas, ce n’est pas Farid non plus, déduit son ami. Il ne se serait pas assommé lui-même. – Je ne le pense pas, souligne Amytis, mais pourquoi s’en prendre à lui ? Est-ce que Farid cacherait quelque chose ?
La question demeure sans réponse. Un mouvement près des podiums attire leur attention. Deux groupes de quatre danseuses montent sur les planches. Les membres du jury s’établissent derrière leurs tables, sous une grande tente, et compulsent des feuilles. Chacune des danseuses porte le costume traditionnel avec un kilt au tartan de son clan, c’est-à-dire aux couleurs rouge, jaune ou vert. Un numéro est affiché sur leur kilt afin que le jury puisse les identifier plus facilement. Le musicien coince sa cornemuse sous un bras, la gonfle, embouche un tuyau puis tire des notes aigrelettes de l’instrument. Aussitôt, les danseuses lèvent les bras et exécutent une gigue, avec des mouvements rapides des jambes et des pieds. Le morceau terminé, les jeunes filles saluent le public, sous ses applaudissements, puis elles quittent la scène pendant que les juges attribuent leurs notes. Après quoi, deux autres groupes se mettent en place. Au bout d’un moment, Caféman s’éloigne, aussitôt suivi par le guide. Mélanie et Farid leur emboîtent le pas. – Ils se surveillent l’un l’autre, constate Amytis. Ils ont compris que la menace venait de l’un d’entre eux
– Le maître nous appelle, dit Hugo en regardant derrière lui. – Il ne veut pas les perdre de vue, mais il ne tient pas non plus à nous laisser seuls, comprend Romain. La classe se lève et se rassemble autour d’Alex Moury. – Nous ne pouvons pas rester encore un peu ? minaude Alison. J’aime bien les danses, moi. – Le concours a lieu toute la journée, assure l’enseignant. Nous aurons l’occasion de revoir les danses un peu plus tard. Vous allez assister maintenant aux lancers de troncs. – Ouais ! Ça, c’est pour les hommes ! aboie Jasper en gonflant ses biceps. – On reste donc là toute la journée ! se réjouit Mélissa. J’espère que notre chauffeur a assez de café dans son thermos. La remarque fait tiquer Amytis. – Tiens ? sourcille-t-elle. Mais elle n’en dit pas plus. La classe rejoint le guide devant un grand terrain où les athlètes écossais sont prêts à s’affronter au Toss the Caber, le lancer de troncs. – On dirait plutôt des poteaux, relève Jasper. – Ils mesurent de 5 à 6,5 mètres de long et pèsent jusqu’à 80 kg, précise John. Ce n’est pas un jeu pour les mauviettes. Il sourit dans sa barbe et marmonne : – There’s also Haggis Hurling, which is specially intended for our French friends who don’t like haggis. – Hein ? Quoi ? Qu’est-ce qu’il raconte ? demande Cerise. – Il parle du lancer de haggis, traduit Alison. C’est réservé aux Français qui n’aiment pas la panse de brebis farcie. – On se lance le haggis à la figure ? reprend Jasper en décochant un regard de défi à Amytis.


























